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Il est intéressant de travailler ensemble ces deux notions.

D’abord, il faut poser que le Karma n’est en rien affaire de morale. Pas plus dans le Bouddhisme où l’hindouisme que dans le Christianisme, d’ailleurs : quand Jésus parle de péché, le mot araméen qu’il utilise a été traduit par ses disciples par le grec hamartia, qui signifie manquer sa cible. Rien d’autre.

Il s’agit plutôt d’aveuglements. En sanskrit, de samskaras, d’angles morts cristallisés qu’on trimballe de vie en vie et qui nous interdisent d’être présents à notre vie.

L’idée est qu’on va choisir, être aspiré dans un contexte, social et familial, qui va nous donner l’occasion de rencontrer ces aveuglements et de les dissoudre.

Entendons-nous bien : L’ensemble des éléments, immensément complexes, qui vont « signer » notre naissance et se déployer dans notre toute première existence vont établir une structure – notre Mental – qui va gouverner notre vie. Et installer ce avec quoi nous sommes venus.

Pas de mal où de bien, pas de punition où de récompense.

Un Mental qui va ensuite nous amener à chaque instant dans des situations de souffrance qui sont, en même temps, l’occasion de voir ce Mental à l’œuvre et donc de l’apaiser. Et donc de dissoudre les crispations qui nous interdisent d’être présent.

Grossissons l’idée : on va, par exemple, venir au monde dans une famille imprégnée d’un déni de l’homme – du masculin – posé de façon différente chez notre père et notre mère, déni qui va gouverner notre existence, quel que soit notre sexe. Déni qui correspond précisément à une incompréhension violente à laquelle nous avons eu affaire à de nombreuses reprises et de nombreuses façons.

Par exemple, donc, on va choisir, si on est un homme, une partenaire qui va confirmer à sa façon que les hommes – et donc nous-même – sommes déconnant. D’une façon extrêmement précise, suivant ce que nos parents ont présenté, et ce que nous en avons fait.

D’où souffrance. Et inéluctabilité de la souffrance : nous sommes « collés » à des mécanismes puissants, subtils, et qui nous dépassent absolument.

Et on arrive à la voyance.

De fait, un voyant va voir notre Mental et l’inéluctabilité de ce qui va venir.

Évidemment qu’on va rencontrer une partenaire qui va nous ramener à toute cette histoire.

Cela peut être paradoxal : la femme que l’on va rencontrer sera aimante et, de ce fait, nous obligera à reconsidérer notre manque d’amour envers nous-même. Ce qui risquera de nous faire massacrer ladite car la remise en question est trop pénible… et de son côté, cette femme aimante sera de ce fait ramené à son propre Mental et à sa propre question sur l’homme et à son amour envers elle-même.

Et un voyant aura pu prédire cette rencontre à cette femme, bien sûr.

La Vie va nous ramener, sans cesse et avec un amour immense, à la puissance de notre Mental.

Et un voyant peut voir cela, où une partie de cela.

C’est là que ça devient intéressant.

Sa Sainteté le XIV° Dalaï-lama a dit que les gens vont voir des oracles pour se faire prédire leur avenir alors que leur mission première est d’enseigner le Dharma – la raison, le sens de l’existence dans laquelle nous nous retrouvons.

C’est à dire qu’il n’y a rien d’inéluctable : si nous changeons quelque chose de notre Mental, notre relation à la Vie change – et notre avenir change.Et Voir, c’est montrer. Faire Voir.Quel intérêt, sinon ?

Un ami me rappelait alors que j’écrivais ce texte une phrase de Jung : « « Ce qui ne parvient pas à la conscience, revient sous forme de destin. » A vous de Voir