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Traquenard

L’extrait qui suit provient d’un film qui a quelques années, « l’enfant et le renard ». Je déteste ce film – on est d’accord, j’ai ici le droit d’être subjectif… Il est question d’une gamine qui apprivoise un renard.

Je l’avais vu à Premery; c’est à dire avec un projectionniste itinérant, dans la salle de spectacle de la mairie. C’était cool…Un qui était vraiment cool, c’était le projectionniste; il m’avait prévenu que quand la fille attire le renard dans la chambre, la scène était violente pour un enfant – ma fille cadette avait cinq ans. Alors je lui avais couvert les yeux…pour les lui découvrir quand le renard saute par la fenêtre.

Je m’en veux encore

Je crois qu’il y ici a quelque chose avec quoi Travailler…

L’idée qu’une part de nous a vécu cela. Cet enfermement affolant. Cette terreur absolue. Mais qu’il n’y avait pas de fenêtre à franchir, quitte à y laisser la vie. Où peut-être que cette fenêtre mortelle est l’avènement d’une psychose ?

Mais je crois, en tout cas, que nous avons affaire à quelque chose qui reste coincé dans cet affolement. Depuis si longtemps.Folie d’être saisi dans des histoires; un étouffement absolu avec lequel nous n’avons pas su faire.

Un truc qui hurle au plus profond de nous-même.

Marie et Jean

Ça nous concerne tous, ce premier aspect.

Il s’agit de la première scène de « faut-il sauver le soldat Ryan ». Au fait, j’avais vu ce film à Cannes. Était arrivé un vieil homme, appuyé sur une canne, soutenu par deux vieilles femmes… Et puis, au milieu de cette scène, il s’est levé, et puis est sorti, soutenu plus encore… J’ai toujours dans les yeux, et dans le cœur la peine qu’il a provoqué chez moi… Ce vieil homme qui ne pouvait revivre ça, revenir à la folie du monde…

Mais bon.

L’idée est de voir et revoir cette scène. Jusqu’à ce que vous ayez une idée de ce que c’est de venir au monde…

On va parler de Marie et Jean.

On va dire qu’ils s’aiment… Et que Jean, militaire, revient d’Afghanistan.

Souffre de syndrome post-traumatique.

Et c’est le quatorze juillet…Et quand des pétards explosent, Jean se jette dans le caniveau, pourrit son costume neuf…

Comprenez ce qui se passe chez Marie. Ce qui hurle à l’intérieur… Sa mère qui démontre, encore, que son mec est un connard… Un costard acheté avec amour – c’est déjà tellement insupportable d’emmener un mec aux soldes, putain (une de mes grandes fierté avec le Travail, il y a des années, a été de me retrouver peinard dans un grand magasin avec ma compagne qui me cherchait des fringues un jour de solde).

Pareil quand ils reçoivent la famille. Et qu’un hélico au loin réveille tout chez lui. Qu’il tremble et déparle et qu’elle a honte

qu’il soit ainsi…

 

Comment elle peut lutter, Marie, avec tout son Mental qui hurle ? Les regards des deux familles, qui jugent… Et ne pourront jamais comprendre ce qu’il en est, établissent entre qu’elle est mauvaise épouse, qu’il est mauvais homme…

Cette scène de « American sniper » est terrible.

Elle arrête sa violence ; mais c’est rarement possible, pour une infinité de raison, voyez-vous ?

Comment elle peut faire avec tout ça, Marie, mmmh ?

Dans Avatar, il y a une scène extraordinaire :

Comment elle peut faire, Marie, pour aller chercher Jean dans son enfer, dans son angoisse ?

Reconnaître sa puissance et sa beauté ?

Qu’elle est aimante à ce point ?

Que pour Jean, être aimé est terrifiant ?

Comprendre qu’accepter la vulnérabilité de son mec n’est pas le mépriser, ne la fera pas partir en courant.

hommes femmes : mode de désemploi

Nous sommes tous d’accord: les hommes sont absolument insécures et font tout pour le nier. Mais en quoi les femmes aident ?

On va jouer à « on dirait que ».

On dirait que ce que j’ai écrit là est une simple vérité, une vérité simple. Nous les hommes sommes, à la racine, au fond de nous-même, terrifiés.

J’ai parlé quelquefois l’étonnante évidence de ce qu’une majorité de filles ont leurs premières règles sans que leur mère ne les y ait préparées avec amour, que si ce jour de grande beauté elles se tournent vers leur mère, rien ne sera rencontré de ce qui devrait être, la joie immense de ce qui Vit (pas besoin de développer, hein ? Si ?

Imaginez nos vies si cela, cette beauté infinie de la maternité se vivait comme il se doit, que ces filles se retrouvaient au restaurant pour fêter ce qu’on pourrait appeler leur Jour de Vie, les dîneurs autour d’elles, réjouis comme à un anniversaire, le personnel plein de considération à leur égard.

Les garçons sont-ils avertis de leurs pollutions nocturnes ? (Rien que ce mot !)

Se retrouver, la nuit, avec ce liquide blanc sur le ventre, à l’odeur si bizarre…est-ce que c’est la  moelle de nos os, est-ce qu’on va mourir ?

Pourquoi n’avons-nous été prévenus d’un événement aussi fort, aussi particulier. Qui est venu nous dire tu es désormais Engendreur et que c’est une très grande chose ?

Vous croyez, femmes, que notre père nous a dit avec détente et légèreté que notre membre se raidirait et que cela était beau. Regardez bien, vous le croyez.

Vous ne voulez pas jouer à « on dirait que ». Et c’est le problème.

Tout ce que je peux rencontrer dans ces couples que je regarde, toutes ces souffrances, déchirures, bonnes intentions gâchées, incompréhensions, comme ce serait léger si chacune de ces femmes partait de l’évidente et permanente terreur dans laquelle baigne leurs hommes.

Oh Dieu !

Elle conduit, il est crispé, mal à l’aise, embarqué dans ses histoire : il a peur.

Il met trois mois à poser le plafonnier, se décide brutalement : il a peur.

Elle fait les courses, il dit que c’est trop ou qu’il manque cela : il a peur.

Il veut baiser, elle ne veut pas ; elle veut, il ne veut pas : il a peur.

Il veut tondre à tout prix la pelouse ou il ne veut surtout pas : il a peur.

Il ne sait pas rencontrer leur enfant : il a peur.

Il est jaloux ou la pousse à l’échangisme : il a peur.

Il n’a pas d’amis ou passe ses loisirs avec ses copains : il a peur.

Il bosse comme un fou ou ne cherche pas de boulot : il a peur.

Il lui gueule après, ou pleure, ou les deux : il a peur.

Il écoute sa mère (là, il n’y a pas de « ou », cherchez pas).

Il a peur et elle ne peut le regarder sans colère ni dégoût. Alors qu’elle l’aime

Merci d’avoir joué.

Voyance et Karma

Il est intéressant de travailler ensemble ces deux notions.

D’abord, il faut poser que le Karma n’est en rien affaire de morale. Pas plus dans le Bouddhisme où l’hindouisme que dans le Christianisme, d’ailleurs : quand Jésus parle de péché, le mot araméen qu’il utilise a été traduit par ses disciples par le grec hamartia, qui signifie manquer sa cible. Rien d’autre.

Il s’agit plutôt d’aveuglements. En sanskrit, de samskaras, d’angles morts cristallisés qu’on trimballe de vie en vie et qui nous interdisent d’être présents à notre vie.

L’idée est qu’on va choisir, être aspiré dans un contexte, social et familial, qui va nous donner l’occasion de rencontrer ces aveuglements et de les dissoudre.

Entendons-nous bien : L’ensemble des éléments, immensément complexes, qui vont « signer » notre naissance et se déployer dans notre toute première existence vont établir une structure – notre Mental – qui va gouverner notre vie. Et installer ce avec quoi nous sommes venus.

Pas de mal où de bien, pas de punition où de récompense.

Un Mental qui va ensuite nous amener à chaque instant dans des situations de souffrance qui sont, en même temps, l’occasion de voir ce Mental à l’œuvre et donc de l’apaiser. Et donc de dissoudre les crispations qui nous interdisent d’être présent.

Grossissons l’idée : on va, par exemple, venir au monde dans une famille imprégnée d’un déni de l’homme – du masculin – posé de façon différente chez notre père et notre mère, déni qui va gouverner notre existence, quel que soit notre sexe. Déni qui correspond précisément à une incompréhension violente à laquelle nous avons eu affaire à de nombreuses reprises et de nombreuses façons.

Par exemple, donc, on va choisir, si on est un homme, une partenaire qui va confirmer à sa façon que les hommes – et donc nous-même – sommes déconnant. D’une façon extrêmement précise, suivant ce que nos parents ont présenté, et ce que nous en avons fait.

D’où souffrance. Et inéluctabilité de la souffrance : nous sommes « collés » à des mécanismes puissants, subtils, et qui nous dépassent absolument.

Et on arrive à la voyance.

De fait, un voyant va voir notre Mental et l’inéluctabilité de ce qui va venir.

Évidemment qu’on va rencontrer une partenaire qui va nous ramener à toute cette histoire.

Cela peut être paradoxal : la femme que l’on va rencontrer sera aimante et, de ce fait, nous obligera à reconsidérer notre manque d’amour envers nous-même. Ce qui risquera de nous faire massacrer ladite car la remise en question est trop pénible… et de son côté, cette femme aimante sera de ce fait ramené à son propre Mental et à sa propre question sur l’homme et à son amour envers elle-même.

Et un voyant aura pu prédire cette rencontre à cette femme, bien sûr.

La Vie va nous ramener, sans cesse et avec un amour immense, à la puissance de notre Mental.

Et un voyant peut voir cela, où une partie de cela.

C’est là que ça devient intéressant.

Sa Sainteté le XIV° Dalaï-lama a dit que les gens vont voir des oracles pour se faire prédire leur avenir alors que leur mission première est d’enseigner le Dharma – la raison, le sens de l’existence dans laquelle nous nous retrouvons.

C’est à dire qu’il n’y a rien d’inéluctable : si nous changeons quelque chose de notre Mental, notre relation à la Vie change – et notre avenir change.Et Voir, c’est montrer. Faire Voir.Quel intérêt, sinon ?

Un ami me rappelait alors que j’écrivais ce texte une phrase de Jung : « « Ce qui ne parvient pas à la conscience, revient sous forme de destin. » A vous de Voir

Abba ( non, pas le groupe)

Abba ça veut dire père en araméen.

Et le pater latin a donné père et patron…

Voilà qui pose les choses. Il est aidant, quand on a affaire à un boss qui déconne, d’envisager qu’il est aussi question de notre histoire avec notre dabe.

Important aussi quand il est question de religion, la spiritualité ; j’ai connu un maître qui posait que quand on tourne notre regard vers le Divin s’interpose ce qui est venu de papa : ça complique.

Parce que c’est compliqué, un père.

Il y a cette fabuleuse bd ( oui, je sais, on doit dire « roman graphique ». Mais ça me gonfle).

Le combat ordinaire, ça s’appelle. Larcenet est un génie. C’est une question sur le père. Sur la vie ; et sur le père. Aussi sur la terreur d’être père.

 

Il y a une scène qui fait toucher un aspect du père dans « Braveheart ».

Il y est question d’Edouard premier – où plutôt de son fils – homosexuel mais on s’en fout – qui l’attend…Occupez-vous surtout des secondes 30 à 43… Revenez-y encore et encore. Et encore.

Parce qu’on a tous connu cette attente angoissée. Tous, à tort où à raison.

Parfois, cette attente était détournée, saisie par notre mère… Oh, ‘faut pas lui en vouloir, la tentation est si forte.

Les vieilles histoires sont si fortes, parfois…

Et puis on nous a bien expliqué qu’il nous faut tuer le père, non ?

Il y a bien eu un barbu et une flopée à sa suite pour nous parler d’œdipe..

Tiens ,c’est rigolo, c’est vrai que c’était un barbu. Et peut être bien un terroriste. Efficace.

 

Et il y a un autre aspect : on l’approche dans cette scène du film « les invasions barbares ».

Il s’agit d’un homme qui va mourir.

Un intellectuel de gauche qui se retrouve face à l’inanité de sa vie. Un père.

Même sentiment pour un père de droite à l’approche de la mort, je vous le garantis.

Une illusion qui se révèle, c’est terrible. Quelle que soit cette illusion.

 

Et être père c’est croire qu’aimer nous impose de donner des assurances à notre enfant, voyez-vous ?  

Imaginez un père qui réponde à son enfant : je ne sais pas ?

Imaginez : ça fait drôle…

Je ne sais pas ce qu’est la vie, mon enfant, je ne sais pas ce qu’il faut faire ni ce qu’il faut penser…

Oh, il y a quelque chose comme ça dans « fight club »..

 

Je ne sais pas insérer la traduction; la voilà :

Si tu devais choisir, qui combattrais-tu ?

Mon boss, probablement.

Vraiment ? Ah, pourquoi ? Qui voudrais-tu combattre ?

Je combattrais mon père.

Je ne connais pas mon père.Je veux dire, je le connais mais…Il est parti quand j’avais dans les six ans. Il a épousé cette autre femme et a eu d’autres enfants. Il fait ça tous les six ans environ. Il change de ville et commence une autre famille.

Putain de franchises ! Mon père n’a jamais fait d’études. Alors il était très important que j’en fasse.

Cela semble familier.

Alors j’ai été diplômé. Je l’appelle, longue distance, et dit « papa, quoi maintenant ? ». Il dit : « prend un job « .

Même chose pour moi .

Maintenant j’ai 25 ans et passe mon appel annuel, à nouveau. « Papa, quoi maintenant ? » Il dit « j’sais pas. Marie-toi ».

Tu peux pas te marier. J’suis un trentenaire.Nous sommes une génération d’hommes élevés par des femmes.Je serais émerveillé qu’une autre femme soit réellement la réponse dont nous avons besoin.

 

Mais là, c’est une fuite, hein ? Non, je parle de dire cela en présence à notre enfant : je ne sais rien ; je fais de mon mieux, c’est tout..

Il y a une autre façon de détourner, quand on est père : endosser un costume, expliquer que tout va bien et que la vie est belle. Nier toute difficulté et toute souffrance. Vous savez, « tout va bien, tu n’as pas compris, tu comprendras plus tard » est juste là. Et on ne risque pas de comprendre plus tard.

 

Et puis c’est fatiguant, un costume.

 

Un film magnifique sur le père, et la quête du père, s ‘appelle « smoke signals ».

Un jeune homme doit aller chercher les cendres de son père, accompagné par un ami. L’ami est un shaman, un vrai : c’est lui qu’on voit au début de cette scène, accueilli par sa grand-mère. ( Ce moment est extraordinaire : elle lui dit « dis-moi ce qui est arrivé, dis-moi ce qui va arriver ». Si vous voulez devenir shaman, imaginez ce que serait un parent vous disant cela, vous accueillant ainsi. Et si vous n’explosez pas en larmes, recommencez. Mille et dix mille fois au besoin).

 

Il est dit :

Comment pardonner à nos pères ?

Peut-être dans un rêve ?

Leur pardonne-t-on leurs absences fréquentes…

Où définitives quand on est petit ?

Peut-être de nous avoir terrifiés par une rage subite ?

Où de nous avoir rendus nerveux quand, finalement, la colère n’en était pas une ?

Pardonne-t-on à nos pères de se marier  où de ne pas se marier avec nos mères ?

De divorcer où de ne pas divorcer de nos mères ?

Doit-on leur pardonner leur excès de chaleur ?

Où de froideur ?

Doit-on leur pardonner de s’appuyer où de pousser ?

De fermer des portes ?

De parler à travers des murs ?

Où de ne jamais parler ?

Où de ne jamais se taire ?

Pardonne-ton à nos pères à nos âges ?

Ou à leur âge ?

Ou au moment de leur mort ?

En le leur disant ?

Ou bien en ne disant rien ?

Si nous pardonnons à nos pères

Que nous reste-t-il ?

 

Bon, sinon, il y a toujours d’autres solutions

 

 

 

tu comprendras plus tard

Une cliente, tout récemment venue à moi, vient de publier un mot du très grand Neil Gaiman :

il faudra que j’y revienne, d’ailleurs, précieuse Valérie.

Lequel Gaiman a aussi écrit :

«  Si j’avais vraiment cru enfant que mon enfance était la plus belle période de ma vie, je me serais suicidé »

 

 

 

Il y a un mécanisme incroyablement puissant qui nous fait dire, systématiquement à notre enfant : « mais non, tu n’as pas compris » quand il revient à nous avec une belle connerie dite par un adulte.

Mécaniquement, systématiquement… «  Tu n’as pas compris, elle ne voulait pas dire ça, il a voulu plaisanter »… « c’était pas méchant, tu es trop sensible »…

Et bien sûr on a grandi avec ça. Avec plus violent encore parfois. On s’est retrouvé, alors que nous étions perdu par la bêtise et la folie du Mental de Monde, avec des accusations terriblement violentes d’arrogance , de stupidité, de perversité.

Mais on avait bien vu, pourtant…

 

Pourtant il y a de l’amour dans tout ça. Quelque chose qui veut protéger l’enfant de la défaillance et de la folie du Monde.

Qui veut l’assurer.

Et on se retrouve à un cheveu de « tu n’as pas vu, pas entendu ». Comme dans Tommy, l’opéra rock des who.

Au début de l’histoire, l’amant de la mère de l’enfant va tuer, sans vraiment le vouloir, le père de l’enfant…Et, avec la mère, ils vont hurler à l’enfant qu’il n’a rien vu, entendu, ne dira rien…

Et voilà Noël ; on y est après tout.

Dans « la Vie est belle », un père parti dans un camp de la mort avec son fils va lui expliquer jusqu’au bout qu’il a gagné à un jeu… Il me semble que l’idée est abominable.

Que notre devoir, bien au contraire, est d’expliquer aux enfants qu’ils ne sont pas dingues et que le monde déconne.

Je peux vous assurer en tout cas que si mes clientes et clients avaient reçus enfants cette assurance, je serais au chômage et tous les thérapeutes du monde avec…

 

 

Il ne s’agit pas de les plonger brutalement dans cette réalité.

Il s’agit de les assurer sans cesse par notre présence, évidemment.

Et à partir de là les rassurer sur ce qu’ils voient, où plutôt sur leur Vision.

Ce qui est est.

Ce qu’un enfant peut Voir du Monde est souvent terrible.

Mais un doute sur sa Vision, sur ce qu’il touche, ressent, goûte, aperçoit, voilà qui détruit.

 

 

cœur de glace

Mais qu’est-ce qui fait que certains d’entre nous choisissent une femme au cœur de glace ?

Pour une fois, je parle des hommes. Pour une fois.

Des hommes de bonne volonté, pour reprendre les mots d’un médecin selon mon cœur.

Et des femmes au cœur de glace.

Les deux catégories existent, je vous l’assure, même si je déteste les catégories et les généralités (Oscar disait que toutes les généralités sont fausses, y compris celle-ci).

 

 

 

 

Des hommes de bonne volonté.

Et des femmes au cœur de glace.

De toutes sortes.

Et les deux se rencontrent.

 

 

 

 

Je pense à cet homme merveilleux, Amadou Hampâté Bâ : il offrait un conte qui explique… après la Création, Dieu a envoyé les humains sur Terre, à travers un looooooong pont. Les femmes d’abord. Les plus aimantes, solides – les femmes de bonne volonté – ont pris de l’avance. Et les plus incorrectes ( et donc pour certaines au cœur de glace) du retard…rejointes sur le long chemin par les hommes les meilleurs. Les traînards ayant fini, à la longue, par rejoindre les avancées.

Tout s’explique.

Dans ce clip ( c’est la chorégraphie qui m’intéresse, et dit, vraiment, quelque chose), il la quitte.

Mais les hommes de bonne volonté ne quittent pas si facilement une femme au cœur de glace.

Comme l’écrit ce géant de Djian, seuls les imbéciles croient pareille chose.

 

Il faut dire qu’une femme au cœur de glace, c’est brûlant.

Et qu’une femme au cœur chaud paraît tiède.

 

Noyeux Joël

Une sale période commence, celle de l’avent : Noël approche, et nous en sommes tous malades.

Bien sûr, il est question de fête commerciale.
D’un Jésus que rien ne dit né ce jour là ( je suis très ému par les mots d’un évêque, disant : « à quoi me sert que le Christ soit né il y a deux mille ans s’il ne naît pas chaque jour dans mon cœur ? ».

Bien sûr, cela nous ramène à nos comptes en banque et ce n’est pas un sujet réjouissant pour la plupart d’entre nous.
Mais regardez comme vous êtes mal à cette seule idée de Noël qui approche. S’il vous plaît.

Une cliente me disait qu’elle avait été malade après son dernier réveillon. Elle en attribuait la faute aux huîtres; et se disait dégoûtée à tout jamais de ces mollusques. Et puis je lui ai demandé de regarder un peu mieux l’ambiance dans laquelle baignait la fête…
J’ai posé, aussi, à quel point la nausée venait souvent d’émotions puissantes et rejetées (c’est une vérité qui, une fois acceptée, a guéri quelques clientes de leur mal des transports, au fait. Quelques unes de celles pour qui, enfants, les trajet ne se vivaient guère dans la joie, on va dire).
Et puis je lui ai demandé de regarder mieux l’ambiance de ce réveillon. Et ça ressemblait à ça :

 

Regardez à votre tour. S’il vous plaît.
C’était quoi, vraiment, vos Noëls d’enfance ?

 

 

 

Vous pensez que j’exagère, hein ?

Vous vous souvenez peut-être d’une famille unie, d’une pause bénie et merveilleuse ? Plus aucune tension, juste de la douceur l’espace d’une journée ? Regardez mieux..Qui était présent, vraiment présent à ce moment là ?

Un de mes clients a touché cela il y a trois ans. Ses enfants et petits-enfants autour de lui et de sa femme, un bel appartement avec une vue magnifique, un repas délicieux… Et personne n’était vraiment là : il l’a bien vu. Et c’est une vision terrible. Quelque chose auquel on a eu affaire enfant, je vous l’assure.

Et puis ce jouet tant attendu, tant espéré. Qui n’était pas sous l’arbre… Et notre souffrance, et notre colère. Et notre culpabilité juste après, et tout ce qui vient nous laminer le cœur. Et ce reproche, si violent, à faire des histoires un soir de Noël. Impossible alors de comprendre que ce qui nous a déchiré venait de ce que même ce soir là nous n’étions pas vu, entendu, compris…

 

Souvenez-vous, un instant. Il n’y a pas de danger, c’est passé.

 

 

 

 

 

coquillages et crustacés

Nous baignons dans la souffrance et n’en voyons rien. C’est comme ça. C’est logique.

Ces hommes se tiennent sur la plage, en Thaïlande, peu après le tsunami de 2004 : on ramasse encore tout autour les cadavres ramenés par les vagues.

Ce ne sont pas des monstres, où des salauds : ils avaient juste réservé leurs vacances depuis longtemps… (tu vois, Catia, c’est pas toujours une bonne idée de préparer ses vacances ).

Et les vacances, on nous a appris que c’était une chose sérieuse.

Et ils ne veulent pas voir.

On fait tous ça. Et on n’est pas des salauds. C’est juste un truc qu’on a appris enfant pour survivre.

Ma fille cadette, la nuit du tsunami, avait hurlé dans son sommeil, et parlé – elle avait deux ans – d’eau, et de gens qui criaient… Comment aurait-elle pu survivre si elle était restée ouverte aux souffrances du monde ?

 

Comment auriez-vous pu survivre, enfants, si vous étiez restés yeux ouverts quand tous autour de vous étaient perdus de souffrance ? Quand tous autour de vue assuraient que tout était normal ?

Que « c’est comme ça » ?

Le Travail, c’est pas simple !

La complexité est si merveilleuse, pourtant – et si simple !

Simple, puisque composée des infinies facettes de ce qui se vit dans la Présence( Yvan Amar disait qu’un élève entretient ses questions comme on entretient sa voiture).

Simplement la Présence, ça n’est pas compliqué…

La Présence qui Danse et joue avec nous – Sainte Thérèse de Lisieux priait l’Enfant de jouer avec elle comme avec une balle. Simple, oui – Lee, disait qu’il avait parfois envie de crier en réponses à l’interrogation d’un élève : « c’est simple », après son éveil .

Simple; mais qu’Il ait dit : « heureux les simples en esprit, le Royaume leur appartient »,ne garantit rien à Monsieur Ribery.

Simple : ce qui est, est.

Simple : le « ce qui est est » est tout le contraire du terrible « c’est comme ça » de notre enfance.

« Ce qui est est » embrasse toutes les facettes en même temps…

Un des plus beaux récits d’une expérience du Simple m’est venue d’un sous-officier du « bison soldiers », une unité d’élite de l’armée américaine exclusivement composée d’afro-américains, créée lors de la guerre de sécession. Lors de la bataille de Monte-Cassino – une des plus terribles de la seconde guerre mondiale trois jours, de mémoire, opposés qu’ils étaient à une division ss – il a été, un instant, Présent : … tout avait un sens, une évidence plutôt. « je savais pourquoi les rivières allaient à l’océan »… (vous connaissez la blague du bouddhiste qui, au comptoir d’un MacDonald, demande «  un hamburger avec tout, s’il vous plaît » ?)

Simple : rien n’est saisi et tout se présente, danse et chatoie, palpite.

Vertigineux et terrifiant, aussi. Surtout terrifiant, d’abord : ça c’est pas simple…

Et, moi, j’ai le vertige (pardon à ma fille de ne pas avoir pu l’accompagner à cette voie Ferrata, oh pardon…)

Non c’est pas simple ( vous connaissez la blague de l’alpiniste qui, connement, ouvre une voie seul : il dévisse et, pendant au bout de sa corde, hurle au secours. Une voix profonde, immense, fait trembler la montagne et lui dit «  je suis là, n’aie crainte, coupe la corde et je te saisirai ». Un temps passe et d’une toute toute petite voix, l’alpiniste dit : « ‘ y a quelqu’un d’autre ? »)