Je voudrais tisser les mots avec une telle délicatesse que vous y verriez votre beauté.

Vraiment…Dans toutes ses facettes.

Comprenez d’où vous venez tous et vous verrez cela.

Vous venez d’Enfer. Tous. Et vous devez vous faire à cette idée : Enfer est un lieu où toutes nos enfances se sont consumées, sans exception…

Jamais vous n’avez connu dans ce lieu un moment de paix, jamais.

Parce que jamais vous n’avez pu être sûrs que votre entourage allait être cohérent dans l’instant qui suivait.

Comment pouvez-vous croire ainsi que pour un enfant, l’instant de colère d’un adulte, ou la brusque montée de tendresse du même était autre chose que terriblement ravageuse ?

Une mère dont la tension se ressent jusque dans les doigts qui nous tiennent, nous lavent, nous essuient, nous caressent. Qui nous nourrissent, nous baignent, nous habillent ?

Une fois, une fois seulement aura suffi à nous briser. Une fois seulement.

Une fois d’une journée vivante où nous aurions savouré l’immense beauté du soleil sur nos mains, la caresse de l’air autour de nos crânes, l’inouïe sensation de notre corps vivant, tout cela entrelacé dans une évidence brisée instantanément par un assombrissement brutal de notre mère.

Bien sûr qu’elle s’est assombrie, bien sûr très souvent.

Et qu’importe la cause, infiniment complexe, de cet assombrissement, les mouvements intriqués de son Mental, de celui du monde, de sa propre mère…

Une fois, dans une offrande sans borne de tout notre être, nous avons rencontré une noirceur dont nous ne sommes pas ressortis.

Mères, ne vous préoccupez pas de ce que vous avez fait a vos enfants, pas maintenant.

Restez avec nous dans ce moment d’Enfer

Et acceptez avec nous que l’Enfer ne peut durer qu’un moment.

Nous venons tous de ce lieu. Et tous, qui dansons ici, avons su arriver.

Et là seulement, seulement là, se trouve notre immense beauté.